42
Le fouet

 

Raide comme un piquet, Roran fixait un pli de la tente rouge derrière l’épaule de Nasuada.

Elle l’observait, il le sentait, mais il se refusait à croiser son regard. Dans le long silence pénible qui les enveloppait, il envisagea une foule d’hypothèses, toutes plus désastreuses les unes que les autres. Le sang battait à ses tempes comme s’il avait la fièvre. Il brûlait de quitter cet espace étouffant pour respirer l’air frais du dehors.

Enfin, Nasuada se décida à parler :

— Que vais-je faire de toi, Roran ?

Il se raidit encore :

— Ce qu’il vous plaira, Ma Dame.

— Admirable réponse, Puissant Marteau. Hélas ! elle ne résout pas mon dilemme.

Elle marqua une pause, but une gorgée de vin :

— Par deux fois, tu as défié les ordres du capitaine Edric. Si tu ne l’avais pas fait, ni lui, ni toi, ni le reste de la compagnie n’auriez sans doute survécu. Ton exploit ne change cependant rien à ta désobéissance avérée. Tu as toi-même avoué t’être rendu coupable d’insubordination ; si je veux maintenir la discipline chez les Vardens, je suis obligée de te punir.

— Oui, Ma Dame.

— La peste soit de toi, Puissant Marteau ! Si tu n’étais pas le cousin d’Eragon et si ta stratégie avait été un brin moins efficace, je t’aurais fait pendre pour faute grave.

Roran s’imagina la corde au cou et déglutit avec difficulté.

Du majeur de sa main droite, Nasuada pianotait sur le bras de son imposant fauteuil à un rythme précipité. Elle s’arrêta soudain :

— Tu souhaites continuer à te battre pour les Vardens ?

— Oui, Ma Dame, répondit-il sans hésiter.

— Que serais-tu prêt à supporter pour rester dans mon armée ?

Il ne s’autorisa pas le temps de réfléchir aux implications de cette question :

— Ce qu’il faudra, Ma Dame.

Les traits crispés de Nasuada se détendirent un peu ; elle hocha la tête avec satisfaction :

— C’est ce que j’espérais entendre. La tradition et les précédents établis ne me laissent que trois options. En premier lieu, la pendaison, que je préfère éviter… pour toutes sortes de raisons. Ensuite, trente coups de fouets, et tu quittes les rangs des Vardens. Enfin, cinquante coups de fouet, et je te garde sous mon commandement.

« Entre trente et cinquante, la différence n’est pas si grande », songea-t-il pour se donner du courage. Il s’humecta les lèvres :

— Est-ce que je serai fouetté devant tout le monde ?

— Ton orgueil n’entre pas en ligne de compte, Puissant Marteau. Le châtiment doit être sévère afin que d’autres ne soient pas tentés de suivre ton exemple. Et il doit avoir lieu en public afin de servir de leçon à l’ensemble des Vardens. Si tu es aussi malin que tu en as l’air, tu savais en défiant Edric que ton acte aurait des conséquences, et qu’elles seraient pour le moins déplaisantes. Le choix est simple : ou tu restes avec les Vardens, ou tu abandonnes tes amis et ta famille pour aller ton chemin.

Furieux qu’elle mette sa parole en doute, Roran releva le menton :

— Je n’abandonnerai personne, Dame Nasuada. Quel que soit leur nombre, les coups de fouet que vous m’imposerez ne seront pas aussi douloureux que la perte de ma maison et de mon père.

— Certes, dit-elle d’une voix plus douce. Il n’y a pas de comparaison… Un magicien du Du Vrangr Gata supervisera le supplice et veillera ensuite à ce que tu n’en aies pas de séquelles handicapantes. Toutefois, il ne guérira pas entièrement tes blessures et tu ne pourras pas recourir à l’aide d’un mage pour achever de les cicatriser.

— Je comprends.

— Tu recevras le fouet dès que Jörmundur aura rassemblé les troupes. Tu attendras ton châtiment sous bonne garde, dans une tente près de la potence.

Cette nouvelle le soulagea. Au moins, cela ne tarderait pas. Il n’avait aucune envie de passer des journées entières à ruminer de sombres pensées.

— Ma Dame, dit-il.

Elle le congédia d’un geste.

Pivotant sur ses talons, Roran sortit du pavillon rouge. Deux gardes l’encadrèrent aussitôt. Sans un regard, sans un mot, ils l’escortèrent jusqu’à une petite tente, à proximité d’un poteau noirci, haut de six pieds et demi, situé sur une éminence en bordure du campement.

Au sommet du poteau était fixée une poutre à laquelle on attachait les poignets des prisonniers. Le bois en était lacéré par les ongles des suppliciés.

Roran s’obligea à détourner les yeux et pénétra sous la tente dont le mobilier se réduisait à un tabouret de bois usé. Il s’y assit, se concentra sur sa respiration, déterminé à ne pas se départir de son calme.

Au bout de quelques minutes, il entendit des bruits de bottes, le cliquetis des cottes de mailles : les Vardens s’assemblaient autour du poteau. Roran imagina les milliers d’hommes et de femmes qui allaient le regarder – dont les villageois de Carvahall. Son pouls s’accéléra. La sueur perla à son front.

Une demi-heure encore, et Trianna, la sorcière, pénétra sous la tente. Elle lui demanda de se dénuder le torse, ce qu’il trouva fort embarrassant. Sans la moindre gêne, Trianna l’examina avec attention, elle jeta même un sort pour achever de guérir la plaie que le trait d’arbalète lui avait faite à l’épaule. Puis elle le déclara en bonne forme et lui donna une chemise en toile à sac pour remplacer la sienne.

Roran achevait à peine de l’enfiler quand Katrina souleva le rabat. Il en éprouva autant de joie que de crainte.

Les yeux de Katrina se portèrent sur Trianna qu’elle salua d’une révérence :

— Puis-je parler en privé à mon époux ?

— Bien sûr, dit la sorcière. J’attendrai dehors.

Dès qu’elle se fut retirée, Katrina se jeta au cou de Roran. Elle le serra de toutes ses forces, et il lui rendit son étreinte, avec d’autant plus de chaleur qu’il ne l’avait pas vue depuis son retour de mission.

— Oh ! Comme tu m’as manqué ! lui murmura-t-elle à l’oreille.

— Tu m’as manqué aussi, murmura-t-il en retour.

Ils s’écartèrent l’un de l’autre – juste assez pour se regarder dans les yeux.

— C’est injuste ! protesta alors Katrina, en plissant le front. Je suis allée trouver Nasuada, je l’ai suppliée de te pardonner ou au moins d’alléger ta peine ; elle a refusé d’accéder à ma requête.

Roran lui caressa le dos :

— J’aurais préféré que tu t’abstiennes.

— Pourquoi ?

— Parce que je me suis engagé à rester parmi les Vardens et que je ne reviendrai pas sur ma parole.

— Mais ce n’est pas juste ! s’exclama Katrina en lui agrippant les épaules. Carn m’a raconté ce que tu as fait, Roran. Tu as tué près de deux cents soldats à toi seul ! Sans ton acte d’héroïsme, aucun de tes hommes ne s’en serait tiré. Nasuada devrait de couvrir de louanges et de cadeaux, pas te condamner au fouet comme un vulgaire criminel !

— Peu importe que ce soit juste ou non, c’est nécessaire. À la place de Nasuada, j’aurais agi comme elle.

Katrina frissonna.

— Cinquante coups de fouet, tout de même… C’est beaucoup trop. Des hommes sont morts d’avoir subi ce genre de châtiment.

— Parce qu’ils manquaient de cœur. Ne t’inquiète pas. Il en faut plus que cela pour me tuer.

Un sourire factice flotta un instant sur les lèvres de la jeune femme, puis un sanglot lui échappa, et elle se blottit contre la poitrine de Roran. Il l’enveloppa de ses bras, lui effleura les cheveux, la rassura du mieux qu’il put. Il ne se sentait pourtant pas mieux qu’elle. Ils étaient enlacés depuis quelques minutes quand une trompe sonna, dehors, annonçant leur séparation prochaine.

— J’ai une faveur à te demander, dit alors Roran en s’écartant de Katrina.

Elle essuya ses yeux humides :

— Laquelle ?

— Retourne à notre tente et n’en sort pas avant la fin de mon supplice.

— Ah non ! s’exclama-t-elle, choquée. Je ne te quitterai pas… pas maintenant !

— S’il te plaît. J’insiste. Tu n’as pas à subir ce spectacle.

— Et toi, tu ne devrais pas avoir à subir ce châtiment, rétorqua-t-elle.

— La question n’est pas là. Tu souhaites rester à mon côté, je le sais, et je sais aussi que le supplice me sera moins pénible si tu n’es pas là à me regarder… Je l’ai cherché, Katrina, j’ai mérité cette peine. Je ne veux pas que tu en souffres aussi.

La tension se peignit sur les traits de la jeune femme :

— Où que je sois, je souffrirai à l’idée de ce que tu endures. Cela étant… je m’incline. Si j’accède à tes vœux, c’est pour l’unique raison que mon absence te soutiendra dans ton supplice… Si je le pouvais, tu sais, j’offrirais de bon cœur mon corps au fouet pour qu’il t’épargne.

— Et tu sais que jamais – il l’embrassa sur les deux joues – jamais je ne permettrais que tu prennes ma place.

De nouveau les larmes ruisselaient sur les joues de Katrina. Elle le serra si fort qu’il en étouffait presque. Ils étaient toujours dans les bras l’un de l’autre quand le rabat de la tente se souleva. Jörmundur entra, accompagné de deux Faucons de la Nuit. Katrina se dégagea de l’étreinte de Roran, salua les nouveaux venus d’une révérence et s’éclipsa sans un mot.

Jörmundur tendit une main à Roran :

— C’est l’heure.

Roran hocha la tête, se leva et se laissa conduire au poteau, autour duquel les Vardens se pressaient en rangs serrés. Hommes, femmes, nains et Urgals se tenaient droits et raides. Après un premier regard à la foule assemblée, Roran fixa l’horizon en s’efforçant d’ignorer les spectateurs.

Les deux gardes lui levèrent les bras pour les attacher à la poutre transversale tandis que Jörmundur venait se placer face à lui.

— Tiens, mords là-dedans, dit-il à voix basse en lui montrant une cale enveloppée de cuir. Cela t’évitera de te blesser.

Reconnaissant, Roran ouvrit la bouche pour qu’il insère l’objet entre ses dents. Le cuir tanné avait le goût amer des glands verts.

Une sonnerie de trompe retentit, suivie d’un roulement de tambour. Jörmundur lut l’acte d’accusation. Les gardes découpèrent la chemise en toile à sac de Roran qui frissonna dès que l’air froid caressa sa peau nue.

Une fraction de seconde avant que le coup ne porte, il entendit claquer le fouet.

Sensation de brûlure, comme si on appliquait une barre de métal chauffée à blanc sur son dos. Il cambra les reins et mordit dans la cale. Un gémissement étouffé s’échappa de ses lèvres – si atténué qu’il fut sans doute le seul à l’entendre.

— Un, compta le bourreau.

Le deuxième coup lui arracha une nouvelle plainte. Après cela, Roran n’émit plus un son, farouchement décidé à ne pas passer pour un faible devant les Vardens.

Le supplice se révéla aussi douloureux que les nombreuses blessures qu’il avait récoltées au cours des derniers mois. Au douzième coup, il renonça à lutter contre la souffrance, s’y abandonna dans une sorte de transe. Son champ de vision se rétrécit jusqu’à se réduire au bois usé qu’il avait sous le nez. Parfois, il ne voyait plus rien, sombrait dans l’inconscience l’espace de quelques secondes.

Après un temps qui lui parut durer une éternité, une voix lointaine annonça : « Trente ». Le désespoir s’empara de lui. « Jamais je n’en supporterai vingt de plus, ce n’est pas possible ! » songea-t-il. Puis il pensa à Katrina, à leur enfant à naître, et retrouva son courage.

 

*

 

Lorsque Roran reprit connaissance, il était sous sa tente, étendu à plat ventre sur le lit qu’il partageait avec Katrina. Agenouillée à son chevet, elle lui caressait les cheveux, lui murmurait de douces paroles à l’oreille tandis qu’une main anonyme enduisait les lacérations de son dos d’une pommade froide et gluante. Il grimaça quand l’inconnu toucha une zone trop sensible.

— Jamais je ne traiterais mes patients comme tu le fais, dit alors la voix de Trianna, hautaine.

— À en juger par la manière dont tu soignais Roran, je m’étonne qu’ils survivent à tes traitements ! rétorqua une autre voix féminine.

C’était celle d’Angela, l’herboriste aux yeux vifs. Il mit quelques instants à l’identifier.

— Quel toupet ! s’exclama Trianna. Je ne resterai pas là à subir les insultes d’une vulgaire diseuse de bonne aventure à peine capable de jeter le sort le plus enfantin.

— Eh bien, va-t’en. Sinon, je t’insulte jusqu’à ce que tu reconnaisses que ce muscle s’attache ici et non pas .

Roran sentit une légère pression en deux points de son dos distants de moins d’un pouce.

— C’est un comble ! grommela la sorcière en quittant la tente.

Tandis que Katrina lui souriait, Roran remarqua ses joues mouillées de larmes.

— Tu m’entends ? demanda-t-elle. Tu es conscient ?

— Je… Je crois que oui, croassa-t-il, enroué.

Sa mâchoire était endolorie d’être restée crispée si longtemps sur la cale couverte de cuir. Il toussa, grimaça de nouveau tant ses plaies lui cuisaient.

— Là, déclara Angela. C’est fini.

— Je suis surprise que Trianna et toi ayez pris tant de peine pour lui, observa Katrina.

— Ordres de Nasuada.

— Nasuada ? Pourquoi aurait-elle…

— C’est d’elle qu’il te faudra obtenir des explications. Veille à ce que Roran évite de se coucher sur le dos. Et de se tourner dans tous les sens pour ne pas rouvrir ses blessures.

— Merci, marmonna ce dernier.

Angela éclata de rire :

— Il n’y a pas de quoi. Ou plutôt si, il y a de quoi, mais ne te préoccupes pas pour ça. Et puis, je suis assez contente de vous avoir soignés, Eragon et toi. Méfie-toi des furets !

Sur cette phrase énigmatique, l’herboriste se retira. Roran referma les yeux.

— Tu as été très courageux, dit Katrina en effleurant tendrement son front.

— Vrai ?

— Oui. Jörmundur et tous ceux auxquels j’ai parlé affirment que tu n’as pas crié grâce, que tu as supporté ton supplice sans broncher.

— Tant mieux.

Il aurait voulu savoir si ses blessures étaient sérieuses, mais demander à Katrina de décrire l’état de son dos lui répugnait. Devinant ses pensées, elle le rassura :

— D’après Angela, avec un peu de chance, tu ne devrais pas garder trop de cicatrices. De toute façon, quand tu seras guéri, Eragon ou un autre magicien pourra gommer les marques, et il n’y paraîtra pas plus que si on ne t’avait jamais fouetté.

— Hmm.

— Tu veux boire quelque chose ? J’ai préparé une infusion d’achillée[11].

— Je veux bien.

Au moment où Katrina se levait, un froissement de toile signala l’arrivée d’un visiteur. Roran souleva une paupière et ne fut pas peu surpris de voir Nasuada près du poteau de l’entrée.

— Ma Dame, la salua Katrina, glaciale.

En dépit de ses élancements, Roran se redressa. Avec l’aide de Katrina, il réussit à s’asseoir au bord du lit et s’appuyait sur elle pour se lever quand Nasuada l’arrêta d’un geste :

— Je t’en prie, ne bouge pas. Je t’ai causé assez de souffrances pour ne pas t’en infliger de nouvelles.

— Qu’est-ce qui vous amène, Dame Nasuada ? Roran a besoin de repos pour se remettre. Sauf nécessité absolue, il a mieux à faire que de discuter.

— Je peux parler s’il le faut, Katrina, intervint-il.

Nasuada pénétra dans la tente ; elle rassembla les plis de sa robe verte et s’installa sur la petite malle dans laquelle Katrina rangeait ses affaires. Après avoir lissé sa jupe, elle annonça :

— J’ai une mission à te confier, Roran, un raid comme ceux auxquels tu as déjà participé.

— Quand devrais-je partir ?

Qu’elle se soit déplacée en personne pour si peu le laissait perplexe.

— Demain.

— Vous êtes folle ! s’exclama Katrina, les yeux exorbités.

— Je t’en prie…, lui murmura Roran en posant la main sur son bras.

Elle se dégagea d’une secousse et reprit :

— La dernière fois que vous l’avez envoyé en mission, il a failli ne pas revenir, et, sur votre ordre, il vient d’être fouetté à en rester sur le carreau. Vous ne pouvez pas le renvoyer au combat dès le lendemain ! Il ne tiendra pas une minute contre les soldats de Galbatorix.

— Non seulement je le peux, mais j’en ai le devoir, répliqua Nasuada.

Son autorité était telle que Katrina se tut et attendit la suite. Sa colère n’était pas apaisée pour autant, cela sautait aux yeux.

Reportant toute son attention sur Roran, Nasuada poursuivit :

— Tu ne sais peut-être pas encore que notre alliance avec les Urgals est sur le point de s’effondrer. L’un des nôtres a tué trois des leurs pendant que tu servais sous les ordres du capitaine Edric – qui n’est plus capitaine, je t’en informe ; la nouvelle ne sera pas pour te déplaire. Quoi qu’il en soit, j’ai beau avoir fait pendre ce misérable tueur d’Urgal, nos rapports avec les béliers de Garzhvog sont de plus en plus difficiles.

— Je ne vois pas le rapport avec Roran, objecta Katrina.

Nasuada pinça les lèvres, puis elle s’expliqua :

— Il me faut convaincre les Vardens d’accepter les Urgals sans autre effusion de sang. Le meilleur moyen d’y parvenir est de leur prouver que les deux peuples sont capables de travailler ensemble à un objectif commun dans la bonne entente. À cette fin, le groupe avec lequel tu partiras sera composé en parts égales d’humains et d’Urgals.

— Je ne vois toujours pas…, commença Katrina.

— Et tous seront placés sous ton commandement, Puissant Marteau.

— Moi ? Pourquoi ?

— Parce que, dit Nasuada avec un sourire entendu, tu feras le nécessaire pour protéger tes amis et ta famille. En cela, nous nous ressemblons, au détail près que ma famille est plus étendue que la tienne puisque, de mon point de vue, elle englobe tous les Vardens. D’autre part, comme tu es le cousin d’Eragon, je préfère ne pas risquer un nouvel acte d’insubordination de ta part. Si cela se reproduisait, je serais contrainte de t’exécuter ou de te bannir, et je ne souhaite ni l’un ni l’autre. En conséquence, je te donne ta propre patrouille. Ainsi, tu n’en répondras à personne, sauf à moi. Si tu désobéis à mes ordres, il vaudrait mieux que ce soit pour abattre Galbatorix. Rien d’autre ne t’épargnera un châtiment bien pire que ces cinquante coups de fouet. Si je te mets à la tête de cette patrouille, c’est parce que tu as prouvé que, même dans les circonstances les plus défavorables, tu étais capable de convaincre n’importe qui de te suivre. Tu as toutes les chances de parvenir à maintenir la discipline au sein d’un groupe mixte d’Urgals et d’humains. J’aurais envoyé Eragon mais, puisqu’il est absent, c’est sur toi que retombe cette responsabilité. Quand les Vardens apprendront que le propre cousin d’Eragon, Roran Puissant Marteau – celui qui a tué près de deux cents ennemis à lui seul – est parti en mission avec des Urgals, et que la mission a été un succès, alors, nous pourrons espérer préserver notre alliance avec les béliers pour la durée de la guerre. Voilà pourquoi je tenais à ce qu’Angela et Trianna te prodiguent leurs soins. J’ai fait une exception, non pour t’éviter les souffrances du châtiment, mais parce que je veux que tu sois en état de commander. Que réponds-tu à cela, Puissant Marteau ? Puis-je compter sur toi ?

Roran regarda Katrina, conscient qu’elle désirait plus que tout au monde l’entendre dire qu’il n’était pas en état de mener un raid. Puis il baissa les yeux pour ne pas voir sa détresse et pensa à l’immense armée qui s’opposait aux Vardens.

— Oui, Dame Nasuada, murmura-t-il de sa voix cassée. Vous pouvez compter sur moi.

Brisingr
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